Monster no Goshujin-sama

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Tome 2 Chapitre 28 – Les scènes que je souhaite protéger


Comme nous devions nous reposer plusieurs jours de plus afin de pouvoir me rétablir complètement, j’avais décidé d’en profiter pour ainsi pouvoir discuter de nos projets avec mes compagnons.

Je voulais parler de notre prochaine direction... En d’autres termes, je voulais leur demander si elles préféraient rester ici ou chercher la civilisation humaine vers le nord, ou si nous devions viser à rejoindre le Premier Unité Expéditionnaire qui se trouvait à l’est.

« Ne devrions-nous pas nous diriger vers la civilisation ? Heureusement, avec le témoignage de Gerbera, nous savons que les humains existent dans ce monde ainsi que la direction pour sortir de cette forêt, » Lily soutient la motion de sortie de la forêt vers le nord. « Considérant le corps du Maître, je pense qu’il est préférable de réapprovisionner nos ressources dès que possible. »

Jusqu’à présent, il s’agissait de la même chose que ce que je pensais, cependant, Lily avait aussi des perspectives légèrement différentes de la mienne.

« Le Maître a reçu plusieurs blessures graves jusqu’à maintenant, n’est-ce pas ? » continua Lily. « Pour guérir, il faut beaucoup de repos ainsi que le fait de pouvoir consommer des nourritures très nourrissantes. Cependant, il est difficile de mettre la main sur ce dont nous avons besoin. Je suis inquiète qu’un jour, nous ne soyons pas en mesure de le faire. »

Lily avait souligné le fait que mon corps était devenu plus mince qu’auparavant.

Même si je ne le savais pas moi-même... comme elle m’enlaçait souvent, il semblerait qu’elle était plus sensible aux moindres changements de mon corps alors que je n’étais pas aussi attentif.

Peut-être en raison des avantages de la magie curative, cela avait rampé dans mon corps sans que je ressente les effets. Pour l’instant, je pouvais le cacher, mais il y avait une limite de temps pendant laquelle je pourrais continuer à le faire.

J’étais devenu plus lent depuis que j’avais été gravement blessé. Mais selon moi, je ne devais en aucun cas devenir un fardeau pour Lily et les autres, et mon intention réelle était pour le moment de le feindre.

Rose et Gerbera avaient soutenu son opinion après avoir entendu ce que Lily avait indiqué.

Ce qui restait à analyser était le problème posé par Kato. Cependant, la personne en question, Kato avait elle-même affirmé que nous devrions partir vers le nord.

Même si nous nous dirigeons vers l’est, il n’était pas certain que nous rencontrerions l’Unité Expéditionnaire. C’était son opinion et c’était un point tout à fait raisonnable.

Nous nous étions donc mis en tête de faire route vers le nord. Il ne restait plus qu’à décider quand partir.

Même si j’en avais délibérément discuté avec Lily et les autres, à la fin, le travail de prendre la décision définitive m’avait été laissé.

Le jour du départ était proche.

Je devais préparer mon esprit et mon corps pour l’arrivée de ce jour.

***

Ce soir-là, quand la fatigue de mon corps avait finalement disparu.

J’avais emmené Lily et nous étions à la sortie du nid d’Arachne.

Dans cette forêt sombre et lugubre, la silhouette vague du coucher de soleil ressemblait à une tache d’encre qui se dissolvait sous nos yeux.

Afin de vérifier l’état de mon corps, j’avais déplacé plusieurs fois mon épaule et ma ligne de vue était ainsi tombée sur les doigts de ma main gauche.

« Maintenant, commençons le test. Peux-tu le faire, Asarina ? » demandai-je.

« Goshuu, sama! » Ce qui répondit à ma question fut une voix tel le grincement de grands arbres. Cela provenait de la Vigne Fusil, non, plutôt de la Vigne Parasite.

Ce nom était venu après avoir discuté avec Kato. Asarina s’étendit vers le haut depuis mon bras gauche.

« Vas-y ! » criai-je.

Le monstre avait l’air d’un serpent sortant d’un terrier. Puis, s’étirant rapidement, il avait avancé vers sa cible.

Le serpent vert avait étiré son corps à la suite de mon ordre. Il avait parcouru la distance de cinq mètres qui le séparait de sa cible, avant de se planter dans l’arbre qui se trouvait juste en face de moi.

Des éclats d’écorces d’arbre et de feuilles s’éparpillèrent simultanément avec un bruit de tonnerre, suivi par la résonance sourde d’un objet dur qui s’enfonçait dans un tronc.

« Guu… Tout est bon, tu peux revenir, » dis-je.

Alors que j’avais ordonné à Asarina de revenir, j’avais enduré en serrant les dents comme si un fardeau était venu et que cela affectait depuis mon poignet jusqu’à mon épaule.

Nous avions pu confirmer l’efficacité de l’attaque. Le tronc d’arbre ciblé avec un trou de deux centimètres de large, pour trois centimètres de profond.

« Ce n’est pas si mal que ça, » alors que j’étais satisfait des résultats, j’acquiesçai et caressai avec le doigt de ma main droite Asarina dont la tête ondulait d’un côté à l’autre tout en s’enroulant autour de l’armure de mon bras gauche.

« Goshuu, shu, shu, sama! Sama! »

Asarina ne pouvait pas utiliser des projectiles comme les Vignes Fusils classiques comme elle n’avait pas les organes nécessaires pour le faire.

Je ne savais toujours pas si c’était quelque chose qui se développerait au fur et à mesure qu’elle arriverait à maturité ou si c’est un signe qu’elle était une nouvelle espèce, une déviante de la Vigne Fusil.

Il était dommage qu’elle ne puisse pas utiliser les projectiles de son espèce, mais en échange, Asarina avait des pouvoirs de manœuvrabilité plus importante que ses congénères. Son corps extrêmement souple était capable de mouvements comme celui d’un fouet, de frapper en ligne droite avec une attaque intense comme elle l’avait fait tout à l’heure.

Était-il possible de l’intercepter ou la couper en deux... ? Je m’inquiétais sérieusement de cela, mais je savais déjà que c’étaient des angoisses inutiles.

En fait, avant que le corps d’Asarina ne soit coupé en lambeaux, elle allait d’abord faire repousser sa tête. On pourrait dire que c’était la caractéristique d’une plante à avoir une forte vitalité.

Le sommet de la plante ressemblait à la tête d’un serpent, mais ce n’était pas comme si le système nerveux central s’y trouvait. Si je devais dire où il était, le véritable corps d’Asarina serait la racine qui était apposée sur mon bras gauche.

À cause de ça, il y avait un sentiment d’inconfort quand je bougeais mon bras gauche, mais je m’y habituerai probablement avec le temps.

Et donc, Asarina, qui avait pris racine dans ma main, consommait petit à petit ma magie. Elle faisait ça afin de maintenir sa vitalité et pour l’utiliser en cas d’urgence comme source d’énergie lorsqu’un combat éclatait.

Maintenant qu’Asarina était capable de penser, elle était différente de la période ou elle était en train de germer. Elle pouvait maintenant contrôler la quantité précise de magie qu’elle absorbait. Par exemple, quand ma magie était faible, elle absorbait de petites quantités de magie et quand j’en avais en excès, elle en absorbait plus.

D’un autre point de vue, le rôle d’Asarina pouvait être appelé quelque chose comme « un stockage externe pour mon excès de pouvoir magique inutilisé ».

D’un autre côté, je ne pouvais même pas utiliser mon propre pouvoir magique, mais elle pouvait quant à elle utiliser mon pouvoir magique comme combustible et m’aider comme ma force de combat.

C’était quelque chose d’important pour moi.

Grâce à elle, j’avais finalement reçu le pouvoir de survivre à un combat par moi-même…, le nombre de mes possibilités venait ainsi de s’élargir.

Bien sûr, c’est juste la puissance d’Asarina et non pas la mienne.

Cependant, tant que nous n’étions pas séparés l’un de l’autre, il n’y avait pas de sens à se battre en tant que deux personnes distinctes en considérant notre situation actuelle.

Comme d’habitude, il était malheureux de devoir compter sur la force d’un autre, mais cela ne servirait à personne si je devais être obstiné à ce sujet.

Je ne devrais jamais être réprimandé à nouveau par Lily au point qu’elle soit ainsi en larmes.

Je ferai tout simplement ce que je pouvais avec ce que j’avais entre les mains. Il s’agissait de mes véritables intentions à partir de maintenant.

« Il semble que sa puissance est quelque chose sur quoi nous pouvons avoir des attentes, » Lily qui regardait jusque là en position assise s’était levée et s’était approchée de moi. « Il ne reste plus qu’à utiliser le lien pour voir à quel point un ordre peut être détaillé... Comment ça se passe de ce côté-là ? »

« Eh bien, ça demande encore de la pratique, » répondis-je.

Elle ne serait probablement pas en mesure de le faire à temps si des instructions devaient être prononcées au milieu d’un combat. Considérant cela, le fait d’être capable de gérer Asarina comme si nous étions le même esprit était une compétence indispensable au combat.

Pour cela, voilà ce que je pensais. Pourquoi ne pas utiliser le lien pour ces ordres ?

De ce que je savais du lien jusqu’à présent, plus la distance était proche, plus le taux de transmission était élevé. J’avais basé cette conjoncture sur mes expériences passées, parce que quand il y avait un contact corporel, une quantité abondante d’informations avait été échangée. Il ne devrait donc pas y avoir d’erreur à ce sujet.

En plus, si vous aviez l’intention de transmettre ce qui était en vous à l’autre partie, nous savions que le contenu de l’information pouvait être augmenté dans une certaine mesure. Par exemple, la méthode de Lily afin de repousser Gerbera quand elle était une ennemie était une application de cette méthode.

Parce qu’Asarina avait pris racine en moi, on pouvait dire que c’était à un niveau insurmontable de contact direct. Ce qui restait à faire n’était rien d’autre que de s’exercer à transmettre des instructions avec précision.

Bien sûr, quand mes instructions n’étaient pas en mesure de le faire à temps, Asarina devrait avoir assez de jugement pour agir en conséquence. En ce sens, elle ne jouait pas seulement le rôle de mon arme, mais je m’attendais aussi à ce qu’elle travaille comme un système de défense semi-automatique.

« Ce serait une bonne chose si ça allait bien…, » alors que Lily jouait avec Asarina avec son doigt, elle se mit à parler. « Il s’agit après tout d’un énorme avantage de pouvoir être aux côtés du Maître à tout moment. »

« Eh bien, en premier lieu, c’est parce qu’il est physiquement impossible d’être loin, » répondis-je.

Au sein de ma Famille de Monstres, la capacité de combat d’Asarina était dans l’une des catégories les plus basses. Il était probable qu’il était même difficile pour elle de livrer une bataille frontale contre l’un des monstres normaux.

Mais en étant constamment avec moi, sa capacité faible de combat pouvait être compensée pour ainsi devenir un avantage. C’était ce que Lily m’avait dit précédemment.

Cependant, ce qui sortait de la bouche de Lily semblait être légèrement différent de ce que je pensais.

« Mais… voyez-vous… Être toujours avec le Maître est… ah…, » déclara-t-elle alors qu’elle retira sa main qui jouait avec Asarina et qu’elle plaçait ses deux mains derrière son dos.

Elle, qui regardait vers le haut afin de me regarder droit dans les yeux, avait placé ses lèvres en une légère moue. « Je... ressens une certaine jalousie envers elle. »

« ... »

Aussi nonchalamment que possible, Lily s’approcha de moi comme si elle n’avait rien de spécial en tête. Néanmoins, pour la personne visée, cela ne semblait pas être suffisant pour la tromper.

Eh bien, c’était ainsi pour un homme et une femme qui étaient dans une relation sans la présence de sentiments négatifs l’un envers l’autre.

Il était évident qu’il y avait le désir de vouloir être ensemble tout le temps. Il était naturel de trouver des excuses juste pour se coller à l’autre. Ce n’était pas comme si elle était particulièrement collante.

... C’était pareil même pour moi. C’était juste que j’étais incapable de le dire à haute voix.

« Il fait sombre, hein. Comme il semblerait que le repas sera bientôt prêt, ne devrions-nous pas y retourner ? » Alors que j’étais surpris par ses gestes mignons, je détournai les yeux de son adorable bouderie et je suggérai ça d’un ton peu enthousiaste.

« Oui, on dirait que c’est le cas. La maladie du Maître n’a pas complètement guéri, alors il serait bon de ne pas trop vous surmener, » Lily serra fermement mon bras droit alors qu’elle disait ça.

Même si je ne parlais pas, les sentiments liés à mon embarras seraient automatiquement connus d’elle. Et ce n’était certainement pas un mauvais sentiment que j’avais là.

***

Au moment où nous étions retournés au nid, les préparatifs pour le repas avaient été achevés.

Il y avait des ingrédients enfilés sur des brochettes qui étaient suspendus au-dessus d’un feu brûlant dans le foyer encastré que Lily avait fait.

Le menu d’aujourd’hui était la viande de Grands Ciseaux. Il s’agissait de quelque chose que Gerbera avait chassé ces derniers jours et elle nous l’avait ramené pour en faire un festin.

Quand j’avais essayé de le goûter la première fois, j’avais pu voir que la viande était moins goûteuse, mais c’était comme je m’y attendais déjà. Mais si je devais faire une comparaison, elle était plusieurs fois meilleure à tous les niveaux comparativement à la viande d’un Croc de Feu.

La viande avait seulement été grillée maintenant, car j’avais l’impression qu’il ne serait pas bien de le manger cru comme certaines viandes consommées au Japon. Kato pensa la même chose que moi et pendant le repas, j’avais commencé à parler à Rose, qui travaillait encore, au sujet des sushis, des sashimis et d’autres questions insignifiantes en provenance du Japon.

Dernièrement, la scène où nous discutions plus ou moins tous ensemble était devenue monnaie courante.

Pendant mon absence, ces deux filles avaient toujours été ensemble. Il se pourrait qu’elles aient eu l’occasion d’approfondir leur relation.

Il y avait d’autres endroits où la situation était différente du passé.

Je rendis grâce à Asarina qui étirait son corps mince pour mordre et récupérer une brochette de viande pour moi sans avoir de mon côté à déplacer le petit doigt. J’avais ensuite regardé la personne assise à ma gauche, Gerbera.

Les pattes courtes pendantes d’une jeune renarde qui était allongée sur son ventre pouvaient être vues sur la tête de Gerbera. Cela aussi c’était quelque chose qui était souvent vu récemment.

« Ceci... Ayame... Pourquoi le Maître m’a-t-il ordonné que je doive la garder ici ? » demanda Gerbera.

Ayame (Iris sanguinea) était le nom de la jeune Renard Ballon qui était rentrée dans ma Famille de Monstres.

En regardant Ayame qui se trouvait au sommet de sa tête, Gerbera fronça légèrement les sourcils comme si elle était troublée, bien qu’il ne semblait pas que Gerbera la déteste. Avec les capacités physiques d’une Arachne Blanche, cela devrait être une chose simple pour attraper la jeune Ayame. Comme elle ne l’avait pas fait, il était facile de deviner ce qu’elle pensait vraiment.

« Kuuー, kuuー. »

« Je serais troublé si tu cries comme si tu étais mécontente. Je devrais me plaindre à la place de toi. »

« Kuu. »

« ... Quel camarade ennuyeux. »

Il semble que la jeune Ayame aimait beaucoup Gerbera et qu’elle se retrouvait très souvent avec elle.

Bien qu’elle s’agitait beaucoup et qu’elle ne pouvait pas rester immobile tel un enfant, quand elle s’en rendait compte, elle escaladait alors l’abdomen plat de Gerbera et atteignait le sommet de sa tête blanche.

Gerbera, bien qu’étant désemparée par rapport aux actions d’Ayame, ne semblait pas avoir de pensées négatives envers l’existence de sa nouvelle sœur.

« Mais... pourriez-vous être tranquille pendant un moment ? » Tout en disant cela, Gerbera avait poursuivi Ayame pour être sûre que tout allait bien.

Des scènes agréables et ordinaires comme celle avec Ayame avaient été de plus en plus visibles pour moi. Ayame, comme si elle jouait avec Gerbera, courait à l’intérieur du nid.

Et enfin, du côté de Rose, elle était là à parler avec Kato.

« Oh mon Dieu ! Quel est le problème, Ayame ? C’est dangereux, tu sais, » Rose travaillait comme d’habitude, tandis que sa main droite tenait le couteau, sa main gauche tenait l’épée qu’elle avait découpée. Jouer trop près d’elle était donc quelque chose de dangereux.

Sans tenir compte des soucis de Rose, tout en émettant un son, Ayame se coucha sur l’un des genoux durs en bois de Rose.

« Je suppose que je ne peux pas faire autrement, » Rose avait arrêté son travail en plein milieu et avait posé sur le sol les objets qui étaient dans ses mains.

Ses mains hésitèrent un peu, se sentant perdues avant d’atterrir sur la tête d’Ayame pour la caresser avec raideur.

Et ensuite, Gerbera qui poursuivait Ayame jusqu’à maintenant arriva à côté d’elle.

« Mes excuses, Mademoiselle Rose. Ayame a été un problème pour vous, » déclara-t-elle.

« Non, cela ne me dérange nullement, » répondit Rose.

Ayame, que Gerbera regardait, s’était totalement affalée sur place alors qu’elle était caressée par Rose.

Il semblerait qu’elle voulait être gâtée par la sœur avec qui elle passait normalement peu de temps. Gerbera se tenait toujours là avec une expression maladroite.

Une telle Gerbera avait regardé le visage sans expression de Rose qui avait continué de son côté à caresser Ayame.

« Mignonne, n’est-ce pas ? » demanda Rose.

« O-Oui, » Gerbera hocha la tête et plia ses huit jambes.

« ... »

« ... »

Avec Ayame au milieu, Gerbera et Rose s’étaient assises l’une à côté de l’autre. Alors qu’elle regardait alternativement les deux filles, Ayame balançait sa queue moelleuse d’un côté puis de l’autre.

« ... »

« ... »

Les deux filles s’étaient complètement raidies sans dire un mot.

« Kuu? » Ayame pencha la tête tandis que Kato soupirait.

« Que diriez-vous de parler de quelque chose plutôt que de vous regarder en chiens de faïence ? » Kato avait déclaré ça avec un ton exaspéré après les avoir regardées pendant un moment.

« Regards, Ayame. Puisque tes deux sœurs ont l’air de vouloir converser, viens ici, » alors que Kato fit un léger bruit avec sa langue, Ayame regarda Rose et Gerbera avant de glisser entre les mains de Rose et de se diriger vers elle.

Les deux filles qui avaient été laissées derrière avaient échangé des regards.

Maintenant, c’était devenu une situation où ni l’une ni l’autre ne pouvaient se lever et partir sans avoir eu une seule conversation. Maintenant que c’était arrivé, il n’y avait pas d’autre choix que de l’accepter.

Et surtout, la plus jeune des sœurs les regardait attentivement avec de jolis yeux noirs et ronds.

N’allez-vous pas discuter ?

Pourquoi attendez-vous toujours ?

... De telles voix pourraient presque être entendues en raison des regards qu’elles se faisaient. On ne peut s’empêcher de dire que c’était une scène quelque peu gênante.

« Le Maître a-t-il dit quelque chose à ce sujet ? » Après plusieurs secondes de silence passées à chercher un sujet, celle qui avait déclaré ça était la sœur aînée, Rose. « Je parle du fait de combiner ma compétence particulière en fabrication d’objet magique et vos talents de tisserands afin de pouvoir fabriquer de meilleures armures. »

« C’est exact, » répondit Gerbera.

« Je pense que c’est un bon plan qui vaut la peine d’être considéré. Qu’en pensez-vous ? » demanda Rose.

« Je suis d’accord. Je pense aussi que c’est un bon plan. Quel genre de choses envisagez-vous, Mademoiselle Rose ? » demanda Gerbera.

« Laissez-moi réfléchir, » répondit Rose.

La conversation avait commencé ainsi.

Les deux filles sont des maîtres dans leur métier en production. Bien qu’elles puissent encore être gênées lors de conversations ordinaires, s’il s’agissait spécialement de produire des objets, il semblerait que c’était pour elles un sujet inépuisable.

Les actions d’Ayame avaient permis de créer cette opportunité, et maintenant, elle avait écouté la conversation des deux filles qui avaient fait de petits sourires alors qu’elle se pelotonnait en boule sur les genoux de Kato et qu’elle commençait à s’endormir en produisant un petit son mignon.

Bien qu’elle avait agi selon son rythme, c’était certainement grâce à Ayame que l’atmosphère s’était ainsi calmée. Le plus faible de nos compagnons avait sans doute ce genre de talents.

Sa mobilité était au niveau d’un chiot, et sa fourrure avait commencé à s’allonger alors que nous étions restés là à nous reposer ces derniers jours. Elle avait aussi une endurance de monstre, mais même si elle était capable de cracher des boules de feu — une spécialité de sa race — elle ne serait pas capable de survivre à une bataille par elle-même.

Cependant, l’existence d’Ayame nous avait donné un certain type de confort. Avec une telle disposition rare, elle était devenue une autre existence indispensable pour moi.

« Ne serait-ce pas génial si de tels jours devaient continuer pour toujours ? » Je hochai la tête tout en ressentant un flot d’émotions envers les mots de Lily, qui se blottissait à mes côtés.

« Aah. C’est vrai. Je le souhaite également…, » déclarai-je.

J’avais eu l’impression que c’était un souhait impossible.

En quittant cette forêt, je serais probablement dans un environnement qui serait un changement soudain de celui que j’avais laissé derrière.

Si je devais faire un pas dans le monde humain, je serais obligé de faire face à la race de mes semblables, les humains, que cela me plaise ou non.

Je suis un maître qui dirige une Famille de Monstres telle que Lily. Peu importe ce qui arriverait, nous nous entraiderons et vivrons ensemble. C’était ce que j’avais décidé dans mon cœur.

La formation de lien avec des monstres était mon trait spécial, mais je ne savais toujours pas comment les humains de ce monde réagiraient à ce moment-là.

En réalité, nous finirions par entrer en contact avec des individus de ma race... Je ne savais pas quel genre de connexion nous pourrions avoir avec des étrangers qui n’étaient pas des étudiants.

Je n’avais absolument pas besoin de les accepter, mais je souhaitais qu’ils n’aient au moins aucun antagonisme envers moi.

Néanmoins, s’ils devenaient hostiles... à ce moment-là, je devrais aussi me résoudre et je devrais me battre contre mes semblables, les humains afin de pouvoir protéger cette vue qui était devant moi en ce moment.

***

Quelques jours après avoir quitté le nid de l’Arachne...

Nous nous dirigeons vers le nord. Nous nous étions déplacés vers la lisière de la forêt et le monde humain qui s’étendait au-delà de là.

***
Traduit par la team : Novel de Glace
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