Nidome no Yuusha

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Tome 2 Chapitre 33 – Le héros se méfie grandement des clichés


Après avoir mangé le petit-déjeuner, nous partîmes tôt, comme tout voyageur quittant une ville.

Notre destination était la Guilde des Aventuriers, et naturellement, notre objectif était de nous enregistrer comme aventuriers et d’obtenir des papiers d’identification.

La Guilde des Aventuriers était une agence agissant comme intermédiaire entre clients et aventuriers.

Il s’agissait d’une organisation existant dans le Royaume, la Nation Bestiale, l’Empire, la Nation Légitime et chaque autre pays, sans toutefois appartenir à aucun. Ses symboles étaient donc la liberté, le pouvoir et l’aventure.

L’organisation garantissait le statut social des aventuriers et s’assurait qu’il n’y avait aucun problème entre clients et aventuriers.

Pour expliquer plus simplement, il s’agissait d’un ‘bureau d’emploi temporaire’ présent dans chaque nation.

Même si le mot ‘aventurier’ était plaisant à entendre, tous les travails proposés n’étaient pas forcément des aventures, comme on pourrait se l’imaginer.

Cueillir des plantes médicinales, nettoyer la ville, collecter des dettes, enquêter sur des affaires extraconjugales.

Délivrer des lettres, servir d’escorte.

Globalement, les aventuriers étaient des travailleurs réalisant tout ce qu’on leur demandait.

Ils acceptaient eux-mêmes les requêtes, et n’étaient pas liés à leurs clients plus longtemps que ne le stipulait le contrat.

Bien sûr, ils n’étaient pas constamment employés, alors le travail n’était pas périodique. Il s’agissait donc d’une occupation au salaire et au style de vie instable.

Ceci dit, ces travails étranges étaient souvent réservés aux débutants. Après tout, le travail principal de l’aventurier était de vaincre des monstres et d’en obtenir les matériaux.

S’ils parvenaient à rassembler de l’expérience en combattant les monstres les plus faibles tels que des Gobelins ou des Garms, ils devenaient rapidement capables d’accepter des demandes d’extermination de monstres pour gagner de l’argent.

Bien sûr, les requêtes d’extermination de monstres dangereux ne pouvaient pas être acceptées dès le départ. Les aventuriers étaient donc divisés en rangs en fonction de leurs exploits, et ne pouvaient accepter que les quêtes correspondant à leurs capacités.

En excluant les apprentis trop jeunes pour devenir des aventuriers et qui étaient souvent considérés comme des aventuriers de rang G, le plus bas niveau d’aventurier était le rang F, capable d’accepter des requêtes d’extermination de Gobelins et de Garms.

A partir de là, ils complétaient des quêtes et devenaient de plus en plus fort, grimpant les échelons uns par uns jusqu’à atteindre le plus haut rang, le rang SS.

De la même façon, les monstres officiellement reconnus étaient classés du rang F au rang SS, parfois même avec des + ou – attachés à leurs rangs. Ainsi, chaque rang de monstre possédait trois difficultés d’élimination, et les rangs des quêtes d’extermination correspondaient aux rangs des monstres.

Les aventuriers ne pouvaient donc pas accepter les missions les plus dangereuses et mieux payés si leurs rangs étaient trop bas.

Quant aux aventuriers de rang SS, ils étaient considérés comme des individus légendaires. Toutefois, peu de personnes arrivaient à réussir en tant qu’aventuriers au point de pouvoir exterminer des Dragons ou des Gardiens de donjons de haut niveau, et de devenir célèbres.

Parmi toutes les professions de ce monde, celle d’aventurier était la profession avec le plus haut taux de mortalité.

Avant d’atteindre le rang SS, la plupart des aventuriers perdaient la vie ou se rendaient compte de leurs propres limites et décidaient donc de rester à un rang confortable. Pourtant, s’il y avait toujours des personnes prêtes à devenir aventuriers, c’était parce que beaucoup d’entre elles désiraient devenir de tels héros, et que de nombreuses situations pouvaient les forcer à rejoindre la profession.

Pour devenir aventurier, il suffisait d’avoir au moins 14 ans et de pouvoir payer la taxe d’enregistrement, qui coûtait quelques larges pièces de bronze, c’est-à-dire le prix d’un simple repas.

Les connexions, larges sommes d’argents, familles puissantes ou histoires célèbres n’étaient pas nécessaires.

De plus, les personnes qui n’avaient pas assez d’argent pour payer la taxe d’enregistrement pouvaient même différer leur paiement.

En d’autres termes, même un orphelin sans le sou et sans la moindre possession pouvait devenir un aventurier.

C’était exactement pour cela que l’occupation d’aventurier attirait tous ceux qui ne pouvaient pas obtenir ou qui avaient refusé des emplois sûrs tels que chevalier, soldat, marchand ou artisan.

Mais, revenant au sujet principal, obtenir des papiers d’identification d’aventuriers allait nous être bénéfique de plusieurs façons.

Tout d’abord, comme leur nom l’indiquait, ils allaient nous permettre de nous identifier en tant qu’aventuriers.

Le Royaume suprématiste des humains, la Nation Bestiale suprématiste des homme-bêtes, l’Empire suprématiste du pouvoir et la nation religieuse qu’était la Nation Légitime étaient les pouvoirs occupant le continent. De plus, de nombreux pays plus petits existaient entre les frontières de ces quatre pouvoirs majeurs.

Et pour se déplacer entre ces nations, la Guilde des Aventuriers se portait garante des aventuriers aux rangs respectables, facilitant la traversée des frontières.

De plus, dans les villes en dessous d’une certaine taille, il était impossible de résider pendant trop longtemps. Des papiers d’identification étaient nécessaires pour rester plus de dix jours, et ces derniers pouvaient être facilement obtenus à la Guilde des Aventuriers.

Sans oublier qu’ils permettaient d’être exempt de toute taxe à l’entrée des villes.

D’une certaine manière, c’était tout à fait naturel. Des aventuriers entraient et sortaient régulièrement des villes pour compléter leurs quêtes ; s’ils devaient payer à chaque fois, cela leur coûterait trop cher.

Et enfin, les personnes devenant aventuriers étaient diverses et variées. Pour nous, il s’agissait d’un important facteur.

Nobles déchus chassés de leur ville.

Personnes coupables de crimes après avoir travaillé pour la pègre.

Membres de familles royales souhaitant dissimuler leur identité.

Toutes les personnes souhaitant ainsi dissimuler leur passé changeaient de nom pendant leur enregistrement. Ainsi, l’une des règles tacites du métier était de ne jamais demander le passé d’un aventurier. Il s’agissait donc d’une occupation dans laquelle de nombreuses personnes dissimulaient leur histoire. Une occupation que des personnes comme nous, ou plutôt, comme moi – Une personne chassée parle Royaume – pouvaient facilement utiliser pour disparaitre.

Il n’existait rien de mieux qu’une forêt pour cacher un arbre.

Étant donné notre objectif, les premier et troisième points allaient nous être utiles. Pour Minnalis, le second point était apparemment lui aussi important.

Et de toute façon, du moment que Yumis restait dans cette ville, nous allions devoir rester ici pendant plus de dix jours, alors obtenir des papiers d’identification était d’une importance capitale.

« Mais pourquoi devons-nous partir si tôt le matin, pour arriver dès l’ouverture de la Guilde ? » Demanda Minnalis tandis que nous parcourions la rue principale. Le soleil n’était pas encore visible, et les boutiques se préparaient à ouvrir.

« Je te l’ai dit, c’est pour éviter un cliché. » Lui répondis-je.

En effet, l’enregistrement en tant qu’aventurier était une boite à trésor de clichés.

Un aventurier senior déclenche un combat avec le petit nouveau venant de s’enregistrer. Après ça, la situation fait que le nouvel aventurier se fait remarquer par une personne importante de la Guilde. Cela déclenche de nombreux problèmes et disputes, et la Guilde se met à surveiller le nouvel aventurier. Il existait de nombreuses possibilités, mais aucune n’était positive.

Un gentil protagoniste continuerait à s’impliquer davantage, mais devenir un tel esclave merdique dans ma première tentative m’avait suffit.

« Nous ne pouvons pas nous permettre d’attirer ainsi l’attention », expliquai-je. « Pour le moment, notre priorité est d’éviter les problèmes. Voilà pourquoi nous y allons tôt le matin, afin de nous enregistrer tant qu’il y a peu de personnes autour de nous. »

Minnalis laissa échapper un long soupir. « J’ai déjà entendu parler de tels cas avant, mais… » Ne semblant pas satisfaite de ma réponse, elle pencha légèrement la tête sur le côté en fronçant les sourcils.

Même dans les contes héroïques de ce monde, dans lesquels de nouveaux aventuriers parviennent à grimper jusqu’au sommet, la plupart contenaient un personnage idiot essayant de s’attaquer au protagoniste au cours de son enregistrement en tant qu’aventurier. Alors Minnalis comprenaient mon inquiétude, mais cela ne semblait pas la convaincre.

Je ne pouvais pas la blâmer. Après tout, nous agissions en supposant que quelque chose du genre allait arriver. Mais pendant ma première tentative en ce monde, lorsque je m’étais inscrit dans la Guilde des aventuriers de la capitale, les choses s’étaient déroulées exactement comme ce genre de cliché. J’avais facilement maitrisé l’adversaire, mais passant pour l’aventurier possédant du potentiel mais un comportement violent, j’avais été entendu par le maitre de la Guilde. Je souhaitais alors m’enregistrer afin d’obtenir une identité autre que celle de héros, mais je ne pensais pas que ce cliché surviendrait et que mon identité réelle serait immédiatement révélée.

Tandis que de tels souvenirs traversaient ma pensée, le bâtiment en bois qu’était la Guilde des Aventuriers d’Elmia apparut.

Sur la devanture était accroché une pancarte gravée d’un bouclier et d’une épée avec une paire d’ailes, et le bâtiment lui-même était étonnamment large par rapport aux autres bâtisses.

Dès notre entrée dans le bâtiment, je vérifiai la présence d’autres personnes à l’intérieur.

« Bien, comme je le pensais, il n’y a pas grand monde. » M’exclamai-je.

« ….Est-il vraiment nécessaire de prendre autant de précautions ? » Demanda Minnalis, exaspérée et ne comprenant toujours pas.

Vraiment, elle ne comprenait pas.

« Écoute, Minnalis. » Dis-je. « C’est une véritable malédiction. Tout comme je suis certain de me retrouver dans un combat contre des voyous dès que j’entre dans les taudis d’une ville, les personnes comme moi venant d’un autre monde sont certaines d’être impliquées dans ce genre de choses dès leur enregistrement en tant qu’aventuriers. Si je peux éviter ça, alors tant mieux. »

Minnalis soupira de nouveau. « Je vois. C’est donc comme ça. »

Je pouvais comprendre son scepticisme, mais au moins, elle ne semblait pas vouloir continuer à parler du sujet. La voyant ainsi, je commençais à me dire que j’en faisais peut-être un petit peu trop.

Non, si j’en faisais trop, alors tant mieux. Cela voulait simplement dire que les choses allaient bien se dérouler, sans le moindre incident.

J’entrai ainsi avec Minnalis dans la Guilde des aventuriers, puis me dirigeai directement vers l’accueil.

Traduit par la team : Blastaf
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